Nature & découvertes

La forêt des Landes de Gascogne, véritable havre de sérénité

On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes <
D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,
(extrait du poème de Théophile Gautier Le Pin des Landes)

Ce poème écrit en 1840 atteste que le pin des Landes était déjà bien présent avant que Napoléon III ne l’impose pour assécher les marécages qui recouvraient une grande partie de notre région.

En Aquitaine, le cordon dunaire littoral s’étire sur environ 230 kilomètres, de la Pointe de Grave jusqu’à Biarritz.

La forêt d’Ondres

La forêt occupe une part importante de la surface de la commune, essentiellement entre la route principale et l’Océan. C’est d’ailleurs ici qu’ont commencé les premiers chantiers de fixation des dunes dans les années 1804-1819 avant l’obligation faite aux communes d’assainir leurs landes par la plantation de pins maritimes.

Lorsque vous arrivez au Green Resort, vous êtes de suite séduits par l’environnement des cottages qui semblent comme protégés par ces magnifiques pins avec lesquels ils font corps. Vous êtes aussitôt happés par des senteurs de résine et de sous-bois et vous vous laissez bercer par le chant des cigales.

Lors de votre séjour, vous ne manquerez pas de découvrir la forêt attenante pour rejoindre la plage ou pour une simple balade. Vous vous réjouirez alors de la flore variée qui prospère dans le sous-bois dont :

  • les genêts reconnaissables à leurs fleurs jaunes, appelés aussi « genêts à balai » parce qu’on se servait de ses tiges pour en faire des balais
  • les différentes bruyères qui fleurissent de mai à novembre selon les espèces
  • les arbousiers
  • l’ajonc d’Europe, épineux aux fleurs jaunes
  • la fougère aigle 

La forêt est aussi un lieu de vie pour de nombreux animaux. Si vous êtes attentifs, vous apercevrez des geais, des pies, des faisans mais vous entendrez peut-être le martèlement du pic ou le chant du coucou. Au printemps, vous veillerez cependant aux colonies de chenilles processionnaires le long des troncs : elles quittent leurs gros nids blancs perchés dans les aiguilles de pin pour aller s’enfouir sous terre afin de se transformer en chrysalides, puis en papillons. Les poils qui les recouvrent, très légers et très fins, sont urticants et il convient d’être prudent lorsqu’on en voit.

Si vous êtes chanceux, vous pourrez peut-être débusquer un chevreuil, bien que très farouche, ou quelques écureuils.

Un pays de landes et de sable

Il y a plus de deux cents ans, au sommet de la même dune, face aux vents de la mer, rien ne résistait. Le sable gagnait sur la terre au gré des rafales, jusqu’à gagner 40 mètres par an ! La progression des sables sur la côte n’était pas alors l’unique inquiétude des habitants. Sur les vastes plaines intérieures, ruisseaux et rivières évacuaient trop lentement les pluies abondantes : le sol s’engorgeait. Dans ces eaux stagnantes, moustiques et autres insectes pullulaient, apportant aux hommes les fièvres du paludisme.

C’est pour ces raisons qu’on a tenté, dès le XVIIIe siècle, d’améliorer cet environnement tout en cherchant à stopper l’avancée des dunes, mais il faudra attendre une centaine d’années avant que le pin maritime ne règne en maître sur plus d’un million d’hectares. Ce conifère avait l’avantage de résister aux vents dominants et parfois tempétueux venus de la mer, de s’accommoder de la pauvreté de ces sols sableux, d’en absorber les excédents d’eau et d’avoir une croissance rapide. À 45 ans, il pouvait en effet atteindre 30 m de hauteur et 40 cm de diamètre.

Les dunes d’Aquitaine révèlent une organisation particulière du rivage de sable nu, situé plein ouest, jusqu’aux dunes boisées, à l’est (voir schéma). La plage laisse place aux dunes non boisées ou dune “blanche” mobile, recouverte essentiellement d’oyats qui contribuent à sa fixation, et de la dune “grise” fixée, peuplée de mousses, de lichens et de plantes à fleurs (Immortelle des sables). Vient après la dune boisée, composée majoritairement de pins maritimes, plus petits et souvent inclinés vers les terres : ils jouent un rôle protecteur pour la forêt qui lui succède.

La flore riche et originale qui s’étend sur ces différents espaces représente une grande valeur patrimoniale sauvegardée, c’est pourquoi il ne faut pas enfreindre les interdictions de s’y promener afin de la préserver.

La forêt des dunes de la bande littorale, autrefois exploitée à des fins économiques, accueille un développement touristique croissant et la surfréquentation oblige à la mise en place d’une gestion rigoureuse pour la protection de ces territoires fragiles.

L’histoire du pin des Landes

En 1776, Guillaume Desbiey, un Landais de Soustons, décrit déjà avec précision le rôle que pourrait jouer le pin maritime. La forêt n’occupait que les 2/3 du territoire dont seulement 1/3 en pinède. On se rend compte très vite de la résistance de l’essence aux tempêtes. Dès 1786, l’Intendant Dupré de Saint-Maur décide de l’utiliser pour le boisement des dunes afin de les fixer grâce à un crédit accordé par Nicolas Brémontier, Ingénieur des Ponts&Chaussées et inspecteur général à Bordeaux puis Arcachon.

Bien avant cette époque, de Bordeaux jusqu’à Dax, en passant par La Teste-de-Buch à côté d’Arcachon, beaucoup avaient compris que l’exploitation de la résine était une manne non négligeable. Le choix du pin maritime pour la fixation des dunes s’appuyait donc sur une économie en place depuis plusieurs siècles, comme mentionné notamment dans les recueils historiques.

Il faudra attendre le Second Empire et Napoléon III, amoureux du littoral basco-landais, pour que Jules CHAMBRELENT (1817-1893), Ingénieur célèbre du Corps des Ponts&Chaussées, ait pour mission d’appliquer la Loi du 19 Juin 1857 portant sur « l’assainissement et le boisement des landes communales » par la plantation de pins maritimes dans les Grandes Landes. Installé à Bordeaux de 1848 à 1893, ce dernier avait même acheté un domaine de 500 hectares pour expérimenter les techniques qu’il préconisait.

L’âge d’or

Dès lors, les boisements de pins s’intensifient au point d’effacer largement les autres espèces. C’est alors « l’âge d’or » pour les Landes de Gascogne, l’exploitation de la forêt atteint son apogée. Le gemmage permet de récolter la résine dont on tire largement profit après l’avoir distillée pour la fabrication de produits d’entretien, de colles et vernis ou dans l’industrie pharmaceutique. Le bois sert quant à lui en partie à la confection de poteaux de mine utilisés pour le développement de l’électricité et du téléphone et celle des traverses de chemin de fer qui connaît un essor remarquable pour se déplacer et au transport de la matière. Les bois de meilleure qualité, gemmés durant de longues années, étaient destinés à la production de charpentes et aujourd’hui encore vous pouvez admirer de vieilles maisons à colombages de 150 ans et plus qui sont toujours fièrement debout.

N’oublions pas la fabrication des parquets en Pin des Landes, aussi appréciés et recherchés pour leur dureté et leur robustesse que pour leur beauté. Enfin, le bois servait à l’élaboration de lambris, de bardage et d’huisseries et à la confection de meubles, tradition qui a petit à petit disparu au profit d’autres essences de pin d’importation.

À partir des années 60, le gemmage cesse peu à peu, l’exploitation de la résine étant largement distancée par l’industrie chimique qui découvre les vertus de produits de synthèse souvent importés à bas coût. Cet abandon entraîne également l’extinction de nombreux métiers liés à cette activité.

S’ensuit aussi la mise en place de la mécano-culture qui supplante les attelages de mules utilisés pour les travaux d’entretien du massif forestier et qui de ce fait ouvre d’autres perspectives économiques pour augmenter le rendement de la forêt. Peu à peu, les parcelles dites naturelles, où la régénération de l’espèce se fait naturellement par semis de manière dispersée, disparaissent au profit de la ligniculture productiviste. Cette technique consiste à reboiser à partir de plants d’espèces plus robustes, souvent génétiquement modifiées pour obtenir une exploitation plus rapide, et caractérisée par un peuplement en lignes régulières.

Malheureusement les deux dernières tempêtes, Martin en 1999 et surtout Klaus en 2009 qui a détruit plus d’un quart du massif forestier, ont démontré que le rendement n’allait pas de pair avec la résistance et on a assisté à une destruction impressionnante, y compris de jeunes futaies. 10 ans après, le massif peine à se remettre malgré le plan intensif mis en œuvre pour replanter. Il faudra encore de longues années pour que la forêt retrouve tous ses charmes.

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