Green Attitude

Une histoire de famille…

On ne passe jamais ses vacances dans un endroit au hasard. Le doigt désigne d’abord un point sur une carte, et puis on choisit le lieu précis où poser ses valises…  La région intrigue, les photos qui défilent sur l’écran interpellent, la description des lieux, des expériences, les visages qui sourient sur les images, tout cela nous séduit, nous raconte déjà une histoire. Le choix fait, alors on se projette, on s’impatiente… le compte à rebours est lancé, celui qui bat la cadence vers le jour du départ et entrainera la rencontre avec les hôtes, ceux qui ont créé ce lieu qui nous a donné envie.

A Green Resort, c’est la famille Dauga qui accueille et son histoire s’enracine dans l’odeur chaude des pins : « cette forêt de Ondres autour de nous, la famille de ma mère la parcourait déjà bien avant la Révolution française pour ramasser les pignes, qu’ils allaient vendre aux bourgeois de Bayonne.  » Dans un sourire, chaleureux comme une accolade, Patrick égraine les personnages haut en couleur, qui peuplent ses souvenirs d’enfance landaise : « Mon arrière-grand-mère maternelle était accoucheuse à Ondres, ma grand-mère Maria soignait le zona, elles étaient des figures incontournables de la vie locale. Tout comme mes parents, des années plus tard, qui ont tenu la quincaillerie et la station essence et connaissaient absolument tout le monde ! »

À la maison, on parle l’occitan bien sûr, et on l’aime cette terre d’Occitanie, bien avant que les notions de « terroir » ou « d’identité régionale » aient vu le jour. Un attachement viscéral, un besoin commun à tous de bien planter ses pieds dans la terre. C’est ce qu’a fermement revendiqué Jean-Baptiste Lesca, le grand-père maternel, qui a toujours refusé de quitter Ondres : « enrôlé dans la marine à la fin de la Première Guerre Mondiale, confie Patrick, il s’est retrouvé à New York au moment de l’armistice. Imaginez l’euphorie d’une ville comme New York fêtant la fin de la guerre ? Pour un jeune paysan comme lui, se retrouvant au pied de la Statue de La Liberté, pour commémorer la fin du conflit qui avait coûté la vie à deux de ses frères morts dans les tranchées, c’était une opportunité incroyable de découvrir le monde, de fêter la liberté, et pourtant il est rentré au plus vite vers sa ferme, et sa forêt landaise, bien décidé à ne plus quitter son village de Ondres ! » Mais 25 ans plus tard, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale cette fois, il doit encore s’éloigner de chez lui à contre cœur : «  en 1945, les Allemands ont fui la côte landaise comme ils le pouvaient, en volant ce qu’ils trouvaient, automobile, vélo, cheval… Mon grand-père s’est retrouvé sans mule et sans son cheval de trait. C’était sa ferme qui était en jeu ! s’émeut Patrick. Une question de survie pour lui et toute l’économie locale. » Quelques jours plus tard, la mairie est informée que les animaux ont été retrouvés et parqués à Orléans, où leurs propriétaires peuvent venir les chercher. Jean-Baptiste prend son vélo et commence un véritable périple sur les routes de la France libérée. À son retour, avec sa mule et son cheval au bout d’une longe, il se le promet, il ne quittera plus sa ville adorée. Il continuera d’exploiter sa ferme, une des dernières du canton à conserver des vaches laitières. Jusqu’à ses 91 ans, il savourera ce paysage en sillonnant les routes de Ondres sur sa vieille bicyclette.

Côté paternel, la galerie de portraits est tout aussi attachante, avec en tête de file, Maria, la grand-mère qui entretint jusqu’à ses 91 ans la mémoire de son mari, Henri, ce grand-père plein de fougue, engagé dans la vie politique locale. Menant du haut des barricades les grandes grèves de 1920, des ouvriers des Forges de l’Adour, il s’engagera ensuite avec la même passion à la mairie de Tarnos. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, devenu adjoint au maire, il s’opposera courageusement à l’occupation en entrant dans la résistance. Déporté dans un camp de concentration, il ne reviendra jamais auprès des siens. « À 19 ans, ma grand-mère m’a poussé à traverser le rideau de fer, à aller là-bas en Allemagne de l’Est pour visiter ce camp de Sachsenhausen où était mort mon grand-père. Je l’ai fait pour elle et pour se souvenir de lui. » Mais de l’émotion de ce voyage naît aussi chez le jeune Patrick un besoin vital, celui de découvrir le monde.

En juillet 1981, il devient le premier maitre nageur civil sur la plage de Ondres : « histoire de me faire un peu d’argent pour me balader ensuite sur les routes avant la rentrée ». Et puis à 21 ans, il entre comme steward étudiant chez Air France, une véritable aubaine qui lui permet de croquer tous les coins du globe trois mois par an : la Thaïlande, l’Equateur, la Californie, les Antilles, la Scandinavie, le Pakistan, les Etats-Unis… la carte du monde devient terrain de jeu. À la fin de ses études, un ami du club de rugby, lui offre son premier emploi à Londres, il doit préparer l’ouverture de filiales en Amérique latine. Les voyages redémarrent de plus belle : Brésil, Argentine, Venezuela, Chili, Mexique… « C’étaient des défis à chaque fois, car la plupart des pays étaient encore très fermés, et culturellement, je devais m’adapter, improviser, comprendre… » Dans cet élan, Patrick tombe amoureux : Querine, une Hollandaise qui a grandi aux quatre coins du monde, aussi libre que drôle et vive. Lui, le solide demi de mêlée, chavire face à sa légèreté. Citoyenne du monde, elle ne s’est pas attardée à construire de racines. En décidant de partager la vie de ce Landais, elle adopte naturellement Ondres comme port d’attache…

Les destinations s’enchainent, le couple bientôt devient famille. Les petits Gabin et Floriaan font désormais partie des voyages. Après le Brésil, ils s’installent à Chicago, tout en rachetant le vieux moulin à eau de Ondres pour y établir la maison familiale, à quelques pas en aval de la ferme des grands-parents et des ancêtres. Au même moment, Henri, le frère aîné de Patrick, reprend le camping municipal à quelques centaines de mètres. Militant écologique de première heure, il mène de nombreux combats aux côtés de l’association des Amis de la Terre, pour protéger le littoral contre d’insultants projets immobiliers.

Pour Patrick et Querine, apparaît l’opportunité inespérée de faire une véritable pause professionnelle : comment l’occuper autrement que par ce tour du monde dont ils rêvent ? Les arrêts se décident en fonction des amis : «  nous voulions avant tout retrouver des gens avec qui partager, explique Patrick, et si possible avec des enfants pour tenir compagnie à nos deux fils. Il fallait préserver un véritable cadre familial, c’est important pour nous. À Brisbane, nous avons été accueillis par un ancien collègue. À Pékin par des amis qui nous ont montré une ville que nous n’aurions jamais découverte seuls. À Tahiti, un ami navigateur nous a fait partager l’expérience magnifique de la vie en mer. » Prendre le temps aussi d’apprivoiser les villes, les campagnes, les côtes et les villages, de préférence en chevauchant des bicyclettes, moyen de transport chéri de la famille : « j’ai toujours privilégié le vélo, pour aller travailler même par – 15 degrés à Chicago, ou encore quand j’organisais des soirées deux roues entre amis dans les rues parisiennes, bien avant la mode des vélib ! Alors pendant ce tour du monde aussi, dès qu’on le pouvait, on se postait derrière un guidon. » Au fil et à mesure des escales, la famille affute sa vision du voyage et du tourisme :

«  Nous avons été marqués par les éco-villages de la baie d’Halong au Vietnam, et par les atolls du Pacifique, où le respect de l’environnement n’est pas une option, mais une question de survie Au Japon, c’est le sens hors du commun du service qui nous a conquis. En Australie, j’ai été passionné de voir comment le surf devenait un véritable art de vivre… »

Ces valeurs accumulées au cours d’une vie de voyages et de rencontres, Patrick et Querine n’imaginaient pas qu’ils les mettraient bientôt en pratique. En 2017, alors que la famille est installée à Rio de Janeiro, Henri, le grand frère, décide de prendre sa retraite et de cesser son activité au camping de Ondres. Floriaan et Gabin,  qui y travaillent déjà tous les étés en emploi saisonnier, se tournent naturellement vers leurs parents : « On continue ? »  Les grands voyageurs deviennent hôtes à leur tour. Puisqu’il faut désormais recevoir, que ce soit à leur image ! Ils décident donc de reprendre l’affaire familiale en poursuivant trois engagements :

Protéger et valoriser la nature exceptionnelle du site, en démarrant d’importants travaux sur les lieux : « nous avons enfoui toutes les canalisations, veiller à dessiner des espaces qui n’endommageaient pas la forêt… énumère Patrick, nous ne sommes pas là pour couper les pins qui faisaient vivre mes arrière-grands-parents ! » Entretenir l’environnement et protéger la biodiversité du site, voilà la première ligne directrice qui s’impose au couple. « L’Ecolabel européen est une marque de reconnaissance, dont nous sommes fiers ! »

En développant l’entreprise familiale, ils s’engagent également auprès des institutions à devenir d’énergiques partenaires du dynamisme économique locale. Depuis 2016, l’Espace Blue Ocean et GreenResort ont doublé le nombre d’employés à l’année et embauchent une quarantaine de saisonniers : « Je me suis toujours senti concerné, garantit Patrick. Au Brésil, en dehors de mes activités professionnelles, je présidais une ONG qui défend l’amélioration des politiques publiques dans le domaine de l’éducation. On ne peut pas faire grandir une entreprise sans s’impliquer dans l’essor de la région où elle se trouve. Avec notre activité d’écotourisme à Ondres, nous participons pleinement au développement économique de notre territoire et nous tentons aussi d’apporter quelque chose à la population. Par exemple, nous avons invité l’école municipale à utiliser notre piscine, nous avons proposé un terrain pour la création d’une école de cirque ouverte toute l’année aux habitants et de nombreux projets sont en cours avec les écoles hôtelières de la région… »

Le troisième engagement, Patrick et Querine se l’imposent envers leurs clients : «  nous poursuivons le concept d’ « eco-resort » où nous souhaitons offrir un cadre original et soigné pour des vacances familiales comme nous les aimons ! Vivre une expérience locale unique dans le respect de la culture et de l’environnement », s’enthousiasme Patrick, avant d’ajouter un détail qui lui est cher « et puis bien sûr, je suis ravi de promouvoir la découverte de la foret landaise grâce aux balades à vélo sur les innombrables pistes cyclables ! » Habitués à tourner autour du monde, ils mesurent tous les quatre combien il est important de se sentir accueilli. Ce sourire de bienvenue qui met de bonne humeur instantanément, Querine sait l’enseigner comme personne : elle, la polyglotte à son aise en toutes situations, bienveillante et attentive envers chacun, vacanciers et employés, elle, qui a même su apprivoiser le farouche perroquet Faster, qui gambade désormais dans le hall d’accueil en apostrophant les nouveaux arrivants  «  un petit verre d’eau ? »

Tel est l’état d’esprit convivial qui attend les visiteurs du Green Resort : des vacances dans le respect de la nature, avec une palette d’activités culturelles, sportives ou de bien-être pour toute la famille. Et la possibilité de rencontrer, d’échanger avec les artisans et les acteurs culturels locaux, de transmettre cet amour de la région qui anime la famille. L’histoire d’une famille ondraise qui vous accueille avec bonheur dans l’odeur chaude des pins.

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